Avant de vouloir changer son équipe, il faut parfois se demander : « Est-ce que j’incarne réellement ce que j’attends des autres? »
Dans ce PepTalk, Guy Bourgeois livre une réflexion authentique sur le leadership, la prise de décision et l’effet miroir entre un gestionnaire et son équipe..
Alors, bonjour chers abonnés au PepTalk mensuel. Content d’être avec vous. Guy Bourgeois, évidemment, pour celui du mois de mai.
Au moment où j’enregistre ce clip-là, c’est un peu partiellement nuageux… mais le meilleur s’en vient.
Leadership et prise de décision : une anecdote révélatrice
Sujet d’aujourd’hui : une petite anecdote.
Il y a quelques semaines, un chef d’entreprise m’appelle pour me demander si j’avais une formation qui pourrait inciter ses gestionnaires — une quinzaine de leaders provenant de différents départements — à être davantage des leaders, à prendre des décisions, à arrêter de remettre les choses à plus tard. Il avait l’impression de faire du micromanagement.
Il me disait :
« Des fois, j’ai l’impression d’être obligé de les materner, alors qu’il me semble qu’ils devraient savoir quoi faire, prendre des décisions et des initiatives pour aller de l’avant. »
Évidemment, il n’est pas le seul gestionnaire à qui ça arrive.
Alors je lui dis :
« Bien sûr, j’ai des formations sur le leadership. On peut regarder ça ensemble et vous livrer un contenu hyper intéressant. »
Je lui fais donc une offre de service — évidemment, la conversation a duré plus longtemps que ça — que je lui envoie le lendemain, en convenant qu’on se rappelle dans deux ou trois jours pour répondre à ses questions, à ses objections et prendre une décision.
Je lui envoie ça.
Trois jours plus tard : aucune réponse. Ce qui est fréquent dans mon domaine.
Je décide donc de prendre l’initiative de l’appeler. Je tombe sur sa boîte vocale, je laisse un court message, puis je le rappelle le lendemain.
Et voici sa réponse, à peu près textuellement :
« Écoute Guy, j’ai reçu ton offre, merci beaucoup. Très intéressant. Mais j’en ai parlé avec mon équipe de gestionnaires et, pour le moment, ils ne sentent pas vraiment le besoin de ça. Ils sont plutôt débordés au niveau du travail. Alors regarde, on va repousser la décision à plus tard. On se reparlera à l’automne, puis je te rappellerai pour aller de l’avant. »
Fin de la discussion.
Les gestionnaires reflètent souvent leurs propres comportements
Dans les faits, il y a eu d’autres conversations entre lui et moi, mais je ne sais pas si vous venez de remarquer ce qui vient de se passer…
Le leader avait exactement le même profil, le même type de comportement qu’il reprochait à ses gestionnaires.
Remettre la décision à plus tard.
Ne pas être capable de trancher.
Ne pas aller de l’avant sur une demande qui était pourtant très légitime de sa part… trois jours plus tôt.
L’importance d’incarner le leadership au quotidien
Alors ma question est la suivante :
Si vous dirigez une équipe, est-ce que vous incarnez réellement les valeurs et l’attitude que vous souhaitez voir chez les autres?
Ou est-ce que, malgré tous vos efforts — qui sont déjà très bien — les gens peuvent, entre guillemets, presque vous manipuler parce que vous avez peur de prendre certaines décisions? Peur d’aller de l’avant?
Les gens ont tendance à imiter leur leader.
Si vous êtes permissif sur certains aspects, ils vont prendre cette permission-là.
Si vous êtes démotivé et que vous le montrez, ils vont se dire :
« Ce n’est pas grave si moi aussi je suis démotivé. »
Si vous remettez les choses à plus tard ou évitez de prendre des décisions, ils vont penser :
« Ben, le patron n’en prend pas… ce n’est pas grave si j’attends. »
Si vous trouvez des excuses pour ne pas livrer certaines informations que vous aviez promis de transmettre, ils vont se dire :
« Ce n’est pas grave si moi aussi je suis en retard dans mes délais et mes échéanciers. »
Votre équipe est le miroir de votre leadership
En réalité, nos équipes sont très souvent le miroir — en grande partie — de qui nous sommes.
Alors je vous invite à regarder votre équipe… et ce que vous avez à leur reprocher.
Peut-être que, vous aussi, on pourrait vous le reprocher.
Ça vaut la peine de regarder ça sous un autre angle, avec un miroir, et de se demander :
« Est-ce que moi aussi je suis comme ça? »
Et si oui, comment pourrais-je changer mon attitude? Modifier certains aspects de mes communications avec eux pour réellement incarner ce que je veux obtenir?
Conclusion : devenir le leader que l’on souhaite suivre
Alors voilà. C’était ma réflexion du mois de mai.
Je vous souhaite un mois de mai extraordinaire. Tout est possible, le beau temps s’en vient, la croissance est là.
On se reparle dans un mois.
Bye bye.